Maisons saines, écosolaires, solaires passives, à énergie nette zéro, bioclimatiques, autonomes, sans parler des nombreuses certifications possibles telles que LEED, Novoclimat, R-2000, Living building challenge… Il peut paraître difficile de s’y retrouver.

Le terme maison écologique fait référence à plusieurs concepts différents, qui doivent idéalement tous être respectés afin de créer un bâtiment réellement écologique et durable.

Afin de clarifier les choses, voici les six aspects essentiels qui reviennent toujours, mais dont l’ordre d’importance varie selon les différentes appellations :

 

1-Santé des occupants

Lorsqu’on parle de maisons saines, on se préoccupe principalement de la santé de ses occupants. La qualité de l’air à l’intérieur d’une habitation est évidemment d’une importance capitale. De nos jours, une grande quantité de produits chimiques se retrouve dans nos maisons, alors même que plusieurs de ces composants sont en cause dans les problèmes de santé des occupants. Les champs électromagnétiques des systèmes électriques et autres ondes émises par les appareils de télécommunications sont également de plus en plus ciblés comme des causes probables d’inconfort et de maladies diverses. Chacun de ces problèmes est adressé individuellement pour réduire le potentiel inconfort de nos clients.

2-Énergie

L’énergie consommée au cours du cycle de vie d’un bâtiment compte pour une grande partie des coûts réels rattachés à une habitation. En réduisant à la source les besoins en chauffage et en électricité, on économise dès le départ et pour toute la durée de vie du bâtiment. On évite le gaspillage et réduit l’empreinte énergétique du bâtiment. Pour toutes ces raisons, il faut privilégier une isolation supérieure et une étanchéité stricte de l’enveloppe. Par exemple, pour être accréditée Novoclimat ou certifié LEED, une habitation doit réussir le test d’infiltrométrie standardisé qui permet de vérifier son étanchéité.

La provenance de cette énergie doit également être renouvelable. Panneaux solaires, géothermie et éoliennes en sont quelques exemples. Les choix sont de plus en plus abondants et abordables.

La différence entre l’énergie solaire passive et l’énergie solaire active est que cette dernière implique des appareils électriques et souvent des conduits d’eau ou d’air. L’énergie solaire passive consiste à laisser pénétrer la chaleur du soleil dans la maison par les fenêtres. Dans une maison solaire passive, l’énergie ainsi captée est stockée à l’intérieur de matériaux à forte capacité calorifique intégrés à la maison, par exemple de la brique, du béton et du crépi. Ces matériaux ont l’avantage de pouvoir emmagasiner une grande quantité d’énergie pendant la période d’ensoleillement et peuvent ainsi prévenir la surchauffe. Ils peuvent ensuite retransmettre tranquillement la chaleur accumulée à la maison pendant la nuit.

3-Matériaux

Les matériaux ont une influence majeure sur la qualité de l’air intérieur d’une habitation, sur le bilan environnemental global du projet, sur l’efficacité énergétique et sur l’ambiance. Ils doivent être sélectionnés avec soins : de provenance locale, exempt de produit chimique, recyclables, réutilisables. L’énergie utilisée lors de la production des matériaux diffère grandement d’un produit à l’autre. L’objectif zéro-déchets, même s’il est difficile à atteindre, doit être visé.

4-Eau

Même si l’eau est abondante au Québec, elle est dorénavant une ressource cruciale à protéger. Les Québécois ont beaucoup de chemin à faire pour réduire sa consommation comparativement à la plupart des pays du monde. On consomme deux fois plus d’eau par habitant au Québec qu’en Europe. Douches et toilettes à faible consommation, électroménagers performants, récupération de l’eau de pluie, toilettes sèches; il existe maintenant plusieurs solutions intéressantes et faciles à appliquer pour diminuer notre consommation d’eau.

5-Site

Même s’il n’est pas toujours possible d’habiter une zone bien desservie par les transports en commun, il faut privilégier une densité d’urbanisation plus élevée avec accès piétonniers et surtout, dans la mesure du possible, une proximité du lieu de travail et des services essentiels. Tout en favorisant un endroit à grande densité végétale pour résister aux îlots de chaleur, le site doit demeurer perméable à l’eau (évitant de surcharger le réseau public d’aqueducs), doit être inspirant et le moins perturbé possible par les travaux d’excavation et d’irrigation.

6-Bâtir selon vos besoins ou l’habitation bien dimensionnée

Inutile de construire et de payer pour des pièces vides qui ne serviront qu’occasionnellement. Choisissez une maison compacte et bien conçue, en misant sur la qualité plutôt que sur la superficie. Réorganisez l’intérieur de votre demeure avant d’agrandir. Il s’agit d’une excellente façon de réduire à la source votre impact sur l’environnement.

Respecter ces critères permet de réaliser des projets écoresponsables et de qualité supérieure, sans nécessairement coûter beaucoup plus cher qu’une habitation dite « normale ». Le but des certifications proposées telles que Novoclimat, R-2000 et LEED est de regrouper plusieurs critères importants et de s’assurer de leur application en misant sur des évaluations par une tierce partie.

En bref, une construction écologique s’intègre le plus respectueusement possible dans son milieu en utilisant au mieux des ressources peu transformées, locales tout en favorisant les liens sociaux.

par Jean-François Carrier